
L'acrotère est un muret technique situé en bordure des toitures-terrasses et des toits plats. Il prolonge la façade au-dessus de la couverture pour permettre la réalisation du relevé d'étanchéité. Ce guide couvre la définition de l'acrotère dans le bâtiment, ses dimensions réglementaires, la mise en œuvre selon les DTU 20.12 et 43.1, le détail en coupe, la pose de la couvertine et les tarifs constatés en 2026.
- Qu'est-ce qu'un mur acrotère : définition
- À quoi sert un mur acrotère ?
- Dimension d'un acrotère de toit-terrasse
- L'acrotère est-il obligatoire ?
- Comment construire un mur acrotère ?
- Acrotère en coupe : détail technique
- La couvertine d'acrotère
- Comment isoler un acrotère ?
- Garde-corps sur acrotère
- Entretien et erreurs à éviter
- Quel prix pour un acrotère ?
- Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un mur acrotère : définition
L'acrotère désigne un muret en maçonnerie pleine (ou dosseret) situé en bordure de toiture-terrasse. Il prolonge le mur de façade au-delà du niveau de la couverture et forme un rebord continu sur le périmètre du toit plat. En termes simples, c'est le muret qui protège la jonction entre la façade et le toit contre les infiltrations d'eau.
Dans l'Antiquité, le terme désignait un socle supportant les ornements sculptés d'un fronton, un mur piédestal destiné à soutenir des éléments décoratifs. Aujourd'hui, l'acrotère remplit une fonction technique dans le bâtiment : il constitue le support du relevé d'étanchéité et empêche les eaux de ruissellement de déborder en façade.
On parle aussi parfois de parapet, bien que ce terme soit moins précis sur le plan technique. Entre professionnels de la construction, l'acrotère est souvent appelé « relevé d'étanchéité ». L'acrotère est un nom masculin : on dit « un acrotère ».
L'acrotère se retrouve sur les toitures-terrasses (accessibles ou inaccessibles), les toitures plates et les toitures à faible pente. Un acrotère de toiture en pente ne se justifie pas techniquement. Un mur d'acrotère peut aussi exister en périphérie d'un balcon, selon la configuration du bâtiment.
L'acrotère concerne tous les types de bâtiments : maisons individuelles à toit plat, immeubles d'habitation, locaux industriels, bâtiments tertiaires et ERP (Établissements Recevant du Public). Dès qu'un bâtiment possède une toiture-terrasse, la présence d'un acrotère est requise pour assurer le relevé d'étanchéité en périphérie.
À quoi sert un mur acrotère ?
Le mur acrotère est un élément technique situé en périphérie des toitures-terrasses (plates ou à faible pente). Il remplit plusieurs fonctions :
- Assure l'étanchéité du toit-terrasse. Les revêtements d'étanchéité sont prolongés verticalement sur la face intérieure de l'acrotère, au-dessus du toit, pour garantir une barrière efficace contre l'humidité.
- Supprime les angles de construction fragiles. Sa présence élimine les angles vifs entre le mur et la toiture, limitant les risques d'infiltration d'eau et de ponts thermiques.
- Renforce l'isolation thermique. En prolongeant l'isolation en hauteur, le mur acrotère améliore l'isolation globale de la jonction façade/toiture. La RE 2020 impose de traiter ce point.
- Cache les éléments techniques en toiture. Il dissimule les dispositifs techniques (ventilation, climatisation, gaines) installés sur le toit. C'est aussi un support pour les panneaux photovoltaïques.
- Facilite l'entretien des façades. Les consoles d'acrotère permettent d'effectuer des travaux de maintenance sans monter d'échafaudages depuis le sol.
Avec une hauteur de 15 à 30 cm, un acrotère bas ne protège pas contre les chutes de personnes. Confondre acrotère et garde-corps est une erreur fréquente. Pour assurer la sécurité sur une toiture-terrasse accessible, un garde-corps conforme à la norme NF P01-012 doit être fixé au-dessus de l'acrotère.
Dimension d'un acrotère de toit-terrasse
L'acrotère est un muret plein qui comprend de la maçonnerie et des éléments d'étanchéité et d'isolation. Le NF DTU 20.12 distingue deux catégories selon la hauteur mesurée au-dessus de la protection d'étanchéité.
Acrotère bas et acrotère haut : dimensions réglementaires
| Type | Hauteur | Épaisseur min. | Usage courant |
|---|---|---|---|
| Acrotère bas | 15 à 30 cm au-dessus de la protection d'étanchéité | 15 cm (noyau 10 cm en blocs à bancher) | Toitures inaccessibles, relevé d'étanchéité standard |
| Acrotère haut | Au-delà de 30 cm (max. 1,30 m pour blocs à bancher) | 20 cm (noyau 12 cm en blocs à bancher) | Toitures accessibles, intégration garde-corps, masquage d'équipements |
Hauteur minimum et contraintes techniques
Comment savoir si votre acrotère est bas ou haut ? Mesurez la distance entre le haut de la protection d'étanchéité (gravillons, dalles sur plots ou membrane autoprotégée) et le sommet du muret. Si cette distance est inférieure ou égale à 30 cm, c'est un acrotère bas. Au-delà de 30 cm, c'est un acrotère haut, avec des règles de ferraillage et de fractionnement plus exigeantes.
La hauteur minimum du relevé d'étanchéité sur un acrotère est de 15 cm. Cette valeur correspond à la distance verticale entre le dessus de la protection des parties courantes et le dispositif écartant les eaux de ruissellement (couvertine, becquet ou engravure). Ce seuil est fixé par le DTU 43.1 pour les toitures-terrasses en climat de plaine.
La hauteur d'acrotère de toit plat maximale est de 1 m à partir de la face supérieure du plancher de terrasse (acrotère en béton armé classique). Pour les acrotères en blocs à bancher, les règles professionnelles publiées par l'UMGO-FFB fixent une hauteur maximale de 1,30 m (complexe isolant et étanchéité compris).
La largeur de l'acrotère (ou épaisseur) dépend du bloc utilisé (15 ou 20 cm pour les blocs à bancher) et de l'isolation rapportée sur les faces verticales. Un bureau d'étude structure calcule la section nécessaire en fonction de la hauteur, de l'exposition au vent et de la zone sismique du chantier.
Récapitulatif des dimensions à retenir
- Hauteur minimale du relevé d'étanchéité : 15 cm (DTU 43.1)
- Acrotère bas : 15 à 30 cm au-dessus de la protection d'étanchéité
- Acrotère haut : au-delà de 30 cm, jusqu'à 1,30 m maximum (blocs à bancher)
- Épaisseur minimale : 15 cm (acrotère bas) ou 20 cm (acrotère haut)
- Garde-corps obligatoire dès que la hauteur de chute dépasse 1 m
L'acrotère est-il obligatoire sur un toit-terrasse ?
Oui, le relevé d'étanchéité est obligatoire dans la construction d'un toit-terrasse. Il est indispensable pour empêcher les infiltrations en périphérie des terrasses revêtues de membranes bitumineuses (DTU série 43.1 à 43.5 et 43.11) et de membranes synthétiques. Un toit plat sans acrotère s'expose à des infiltrations en rive et à une non-conformité réglementaire.
L'acrotère offre la protection la plus fiable parmi les dispositifs de relevé (engravure, becquets, solins métalliques). Les données de la profession montrent qu'environ 50 % des désordres sur les toitures-terrasses ont pour origine un acrotère défaillant ou une protection de tête inadaptée.
La RE 2020 (applicable depuis le 1er janvier 2022) et l'ancienne RT 2012 renforcent les exigences en matière d'isolation des acrotères pour limiter les ponts thermiques de l'enveloppe du bâtiment.
Comment construire un mur acrotère ?
La construction d'un acrotère ne s'improvise pas. Les défauts de mise en œuvre sur cette partie de la toiture figurent parmi les premières causes de sinistres en toitures-terrasses. La réalisation doit suivre un cadre technique strict, défini par plusieurs DTU complémentaires.
DTU et normes de référence
Chaque étape de la construction d'un acrotère est encadrée par les DTU (Documents Techniques Unifiés). Le texte principal est le DTU 20.12 (NF P 10-203-1), qui fixe les règles de gros œuvre en maçonnerie pour les toitures destinées à recevoir un revêtement d'étanchéité : hauteur des reliefs, ferraillage, joints de fractionnement, choix des matériaux admis.
Les DTU de la série 43 complètent ce texte en traitant de l'étanchéité selon la nature de l'élément porteur :
- DTU 43.1 : éléments porteurs en maçonnerie (béton, parpaings) en climat de plaine
- DTU 43.3 : tôles d'acier nervurées (toiture bac acier)
- DTU 43.4 : éléments porteurs en bois et panneaux dérivés du bois
- DTU 43.5 : réfection des ouvrages d'étanchéité existants
Le DTU 26.1 (enduits de mortier) intervient pour les acrotères en blocs à bancher, car l'enduit côté terrasse doit être de catégorie W2 (faible absorption par capillarité) pour recevoir le relevé d'étanchéité.
Exigences techniques de mise en œuvre
Une fois le cadre normatif identifié, la réalisation de l'acrotère doit respecter plusieurs critères techniques simultanément. Voici les points de contrôle à vérifier sur chantier :
- Support propre et sec : le revêtement d'étanchéité est soudé à bonne température sur un support exempt de laitance, de poussière et d'humidité
- Protection de tête : la couvertine, le becquet ou l'engravure doivent résister durablement à la pluie, à la stagnation et aux eaux de ruissellement
- Hauteur du relevé adaptée : pour les toitures végétalisées, il faut anticiper le tassement du substrat et prévoir une marge sur la hauteur
- Isolation de l'acrotère : un isolant rapporté sur la face intérieure limite les chocs thermiques et supprime le pont thermique à la jonction façade/toiture
- Joints de fractionnement : tous les 4 à 8 m pour les acrotères hauts (DTU 20.12), en fonction de l'hygrométrie locale et des amplitudes thermiques
- Ferraillage conforme : enrobage minimal de 15 mm autour des aciers, armatures haute adhérence de 500 MPa conformes à la norme NF A 35-027
- Couronnement solidaire : le sommet de l'acrotère doit être scellé de façon durable pour empêcher l'eau de pénétrer dans la maçonnerie par le dessus
Sur un chantier, la coordination entre le maçon, l'étancheur et le métallier (pour la couvertine) est le point faible le plus fréquent. Les règles professionnelles UMGO-FFB imposent une fiche d'acceptation de support signée par chaque corps de métier avant le passage au suivant. Demandez ce document : c'est une preuve de conformité en cas de sinistre.
Matériaux admis pour la construction
Le choix du matériau dépend du type de bâtiment, de la hauteur de l'acrotère et des contraintes du chantier.
L'acrotère en béton armé coulé en place reste la solution de référence. Le coffrage se fait avec des panneaux bois ou des banches métalliques. Le béton doit être de classe d'exposition XC4 (alternance d'humidification et de séchage). Pour les blocs à bancher, le béton de remplissage est au minimum C25/30, avec une granulométrie Dmax 12 mm et une consistance S4.
La construction en blocs à bancher (béton de granulats courants ou briques de terre cuite) est désormais encadrée par les règles professionnelles UMGO-FFB. Les acrotères hauts en maçonnerie creuse sont interdits par le DTU 20.12 : le taux de sinistralité de cette technique était trop élevé (fissuration du muret, décollement de l'étanchéité). Les blocs pleins et les briques pleines sont les seuls matériaux admis pour les acrotères hauts.
Un acrotère en bois ne se justifie que sur une maison à ossature bois, avec une mise en œuvre conforme au DTU 43.4. Un acrotère sur toiture bac acier s'appuie sur le DTU 43.3 et utilise des costières métalliques en complément. L'expression « acrotère en aluminium » est un abus de langage : c'est la couvertine (habillage métallique de protection) qui est en aluminium, zinc ou acier, pas le muret lui-même.
Le mur acrotère doit être solidaire de l'élément porteur. Le DTU 20.12 impose de le construire en même temps que la façade. Toute reprise a posteriori compromet la solidité de la jonction et l'étanchéité du relevé. On ne construit pas un acrotère après coup.
Acrotère en coupe : détail technique
Le détail en coupe d'un acrotère permet de visualiser l'ensemble des couches techniques, de la dalle de toiture jusqu'à la couvertine. C'est un document de référence pour les maçons, les étancheurs et les bureaux de contrôle.
Composition d'une coupe type
| Couche | Fonction |
|---|---|
| Dalle de toiture | Élément porteur (béton, bac acier ou bois) |
| Pare-vapeur | Film d'étanchéité à l'air posé sur la dalle |
| Isolant thermique | Panneaux rigides (laine de roche, polyuréthane ou PIR) |
| Membrane d'étanchéité | Bitume SBS, EPDM ou PVC, avec relevé vertical sur l'acrotère (min. 15 cm) |
| Mur d'acrotère | Béton armé ou blocs à bancher avec ferraillage |
| Couvertine / couronnement | Protection de tête avec pente d'au moins 5 % vers la toiture |
| Larmier | Retombée métallique côté façade, écarte l'eau du mur |
Points singuliers à surveiller en coupe
La jonction entre l'acrotère, l'isolant et la membrane d'étanchéité est la zone la plus sensible. C'est à cet endroit que l'on observe la majorité des désordres : cloques, fissures, infiltrations derrière la membrane, dégradation du support. Un bon détail constructif doit préciser la manière dont la membrane est relevée, fixée ou soudée sur l'acrotère, la façon dont la couvertine est posée (pente, nez d'acrotère, jonctions), et la gestion des points singuliers comme les angles, les intersections avec les façades et les raccords avec des murs plus hauts.
Les réservations pour les évacuations d'eaux pluviales (chéneaux, naissances EP) ou les traversées techniques doivent aussi apparaître sur la coupe.
Lors de la réception d'un chantier de toiture-terrasse, demandez systématiquement le détail en coupe de l'acrotère à votre entreprise de gros œuvre ou à l'étancheur. Ce document prouve que la mise en œuvre respecte les DTU et constitue une pièce clé en cas de litige ou de sinistre couvert par la garantie décennale.
La couvertine, pour l'étanchéité d'un mur acrotère
La fonction première du mur acrotère de toit plat est l'étanchéité. Son ennemi principal : les infiltrations d'eau. La couvertine d'acrotère constitue la protection la plus courante du sommet du muret.
Définition et composition de la couvertine
Deux éléments protègent un mur acrotère contre l'eau : la couvertine, posée sur la partie supérieure du mur d'acrotère, et la bande solin qui fait l'étanchéité entre l'acrotère et la couverture.
La couvertine est un profilé métallique en acier ou aluminium avec un profil en U. Les profilés s'emboîtent (un côté mâle, un côté femelle) et peuvent être adaptés en longueur sans découpe. La fixation des couvertines se fait avec des pattes en acier galvanisé ou par collage. La couvertine doit présenter une pente d'au moins 5 % (soit 3 degrés) pour évacuer l'eau sans stagnation. Le nez d'acrotère et le larmier éloignent les eaux de ruissellement de la façade.
Alternatives et choix de matériaux
La protection de la tête d'acrotère peut aussi se faire par une membrane en bitume élastomère SBS armée, associée à une bande de rives ou de solins. Le becquet métallique est une autre option pour les acrotères bas. Les matériaux courants pour la couvertine sont l'acier galvanisé, l'aluminium laqué, le zinc et le cuivre.
En cas de pose d'un garde-corps sur le mur acrotère, le percement des couvertines menace l'étanchéité de la coiffe. Un professionnel saura guider sur la technique adaptée : fixation en nez de dalle, manchons d'étanchéité ou garde-corps autoportants.
Comment isoler un acrotère ?
L'isolation de l'acrotère est un point technique imposé par la RE 2020. Sans traitement, l'acrotère crée un pont thermique linéaire au niveau de la jonction entre la façade et la toiture, ce qui augmente les déperditions de chaleur du bâtiment.
Techniques d'isolation courantes
L'isolation d'un acrotère se réalise par l'extérieur, sur la face intérieure (côté toiture) et parfois aussi sur la face extérieure (côté façade). Les matériaux les plus utilisés sont les panneaux rigides de polyuréthane (PUR), de polyisocyanurate (PIR) ou de laine de roche. L'épaisseur varie de 40 à 100 mm selon le niveau de performance visé.
Le Cahier des Prescriptions Techniques n° 3741 du CSTB encadre l'isolation thermique des relevés d'étanchéité sur acrotères en béton. La pose d'un pare-vapeur sur la dalle, sous l'isolant, est obligatoire dans tous les cas pour éviter la condensation dans le complexe d'étanchéité (NF DTU 43.1).
Acrotère et pont thermique : les points à vérifier
L'isolant fixé sur l'acrotère doit être continu avec l'isolation de la toiture pour supprimer le pont thermique. Si la façade est isolée par l'extérieur (ITE), l'isolation de l'acrotère doit être raccordée à celle de la façade sur les deux faces verticales. Lorsque la résistance thermique de l'acrotère est inférieure à 1,00 m².K/W (seuil fixé par le NF DTU 20.12), des joints de fractionnement complémentaires (dits « joints diapason ») doivent être prévus dans la maçonnerie du dernier étage, avec un espacement maximal de 20 m.
Pour vérifier si l'isolation de votre acrotère est performante, un thermographe (caméra thermique) permet de repérer les ponts thermiques au niveau de la jonction façade/toiture. Ce diagnostic est réalisable par un bureau d'étude thermique ou un artisan RGE. Un pont thermique visible à la caméra se traduit par une zone rouge ou orange sur l'image, signe de déperditions anormales.
Garde-corps sur acrotère : réglementation
Sur une toiture-terrasse accessible aux piétons ou au séjour, l'installation d'un garde-corps est obligatoire dès qu'il existe un risque de chute de plus de 1 m de hauteur (article R134-59 du Code de la construction et de l'habitation).
Normes applicables aux garde-corps de toiture
| Norme ou texte | Domaine d'application | Hauteur minimale |
|---|---|---|
| NF P01-012 (révisée nov. 2024) | Terrasses accessibles aux piétons, balcons | 1 m (0,80 m si épaisseur > 50 cm) |
| NF E85-015 | Toitures-terrasses inaccessibles au public | 1 m à 1,10 m |
| Code du travail (R4323-58/59) | Lieux de travail en hauteur | 1 m à 1,10 m avec plinthe |
La norme NF P01-012 a fait l'objet d'une révision publiée en novembre 2024, applicable aux permis de construire déposés à partir du 1er juin 2025.
Fixation sans compromettre l'étanchéité
La fixation de garde-corps sur acrotère doit se faire sans traverser la couvertine ni le relevé d'étanchéité. Les solutions courantes comprennent la fixation en nez de dalle (dite « à l'anglaise »), la fixation sur platine avec manchons d'étanchéité, ou l'utilisation de garde-corps autoportants (sans percement) pour les toitures techniques inaccessibles au public.
Entretien et erreurs à éviter
Un acrotère bien entretenu protège votre toiture-terrasse pendant 20 à 30 ans.
Entretien de l'acrotère et de la couvertine
- Diagnostic annuel d'étanchéité. Un professionnel vérifie l'état de la membrane, des soudures, de la couvertine et des joints de fractionnement.
- Nettoyage des évacuations. Les naissances d'eaux pluviales, les chéneaux d'acrotère et les trop-pleins doivent être dégagés deux fois par an (automne et printemps).
- Vérification des joints de couvertine. Les joints de dilatation se dégradent sous l'effet des UV et des variations thermiques. Un joint défectueux laisse l'eau s'infiltrer dans la maçonnerie.
- Contrat d'entretien. Un contrat auprès d'une entreprise spécialisée garantit un suivi régulier et une intervention rapide en cas de sinistre.
Un diagnostic d'étanchéité coûte entre 150 et 400 € selon la surface de la toiture-terrasse. Ce diagnostic est recommandé une fois par an, de préférence au printemps, pour détecter les dégradations survenues pendant l'hiver. Il permet de planifier les réparations mineures avant qu'elles ne deviennent des sinistres coûteux (reprise complète d'étanchéité : 40 à 100 €/m²).
Erreurs courantes à éviter
| Erreur | Conséquence | Règle à respecter |
|---|---|---|
| Construire l'acrotère après la façade | Faiblesse structurelle à la jonction | Coulage en même temps que la dalle (DTU 20.12) |
| Maçonnerie creuse pour acrotère haut | Fissuration, décollement de l'étanchéité | Interdit (DTU 20.12). Blocs pleins ou béton armé |
| Pas de joints de fractionnement | Fissures sous variations thermiques | Joints tous les 4 à 8 m (acrotères hauts) |
| Percement de la couvertine | Infiltrations par la coiffe | Fixation en nez de dalle ou garde-corps autoportants |
| Couvertine sans pente | Stagnation d'eau dans la maçonnerie | Pente minimale de 5 % (3 degrés) |
Quel prix pour un acrotère ?
Le coût de construction d'un acrotère dépend de la hauteur du muret, des matériaux, de l'isolation rapportée et de la complexité du chantier. L'acrotère fait partie des travaux de gros œuvre et son coût est inclus dans le lot maçonnerie dès le départ. En comptant le muret, le relevé d'étanchéité et la couvertine, le prix moyen se situe autour de 90 à 130 € par mètre linéaire (fourniture et pose comprises).
Détail des prix par poste
| Poste | Prix au ml (HT) | Détail |
|---|---|---|
| Maçonnerie de l'acrotère (béton armé ou blocs à bancher) | 50 à 75 €/ml | Coffrage, ferraillage, coulage béton. Prix variable selon la hauteur (bas ou haut) et l'accessibilité du chantier |
| Couvertine en acier galvanisé | 14 à 24 €/ml | Solution la plus économique. Épaisseur 0,75 à 1 mm. Fixation par pattes galvanisées |
| Couvertine en aluminium laqué | 24 à 76 €/ml | Pose comprise. Coloris RAL au choix. Durée de vie jusqu'à 75 ans. Prix croissant avec le développé |
| Couvertine en zinc | 30 à 50 €/ml | Patine naturelle. Matériau traditionnel, durable |
| Couvertine d'angle | 60 à 70 € l'unité | Pièce de jonction. Compter 4 angles minimum pour un toit-terrasse rectangulaire |
| Isolation rapportée de l'acrotère | 15 à 30 €/ml | Panneau PIR ou laine de roche 40 à 100 mm, fixé mécaniquement |
Exemple de budget pour un toit-terrasse de 10 m x 8 m
Pour un toit-terrasse de 36 ml de périmètre (maison individuelle de 10 m x 8 m), avec un acrotère bas en béton armé et une couvertine aluminium laqué :
| Poste | Calcul | Montant HT |
|---|---|---|
| Maçonnerie acrotère béton | 36 ml x 65 € | 2 340 € |
| Couvertine aluminium laqué (développé 200 mm) | 36 ml x 35 € | 1 260 € |
| Couvertines d'angle | 4 x 65 € | 260 € |
| Isolation acrotère (PIR 60 mm) | 36 ml x 20 € | 720 € |
| Total estimé | 4 580 € HT (soit environ 127 €/ml) |
Ces tarifs varient selon la région, la hauteur de l'acrotère, l'accessibilité du chantier et les finitions demandées. Demandez plusieurs devis auprès de couvreurs ou d'entreprises de gros œuvre pour comparer.
Un devis pour acrotère doit détailler le type de maçonnerie (béton coulé ou blocs à bancher), le ferraillage, la couvertine (matériau et fixation) et l'isolation du muret. Un devis global sans ce détail rend difficile toute comparaison et complique les recours en cas de malfaçon.
La TVA applicable aux travaux d'acrotère est de 10 % pour les logements de plus de 2 ans (travaux de rénovation) et de 20 % pour les constructions neuves. En cas d'amélioration de la performance énergétique (isolation de l'acrotère), la TVA à 5,5 % peut s'appliquer sous conditions. Consultez la fiche Service-public.fr sur les taux de TVA pour les travaux pour connaître le taux applicable à votre situation.
Questions fréquentes sur l'acrotère
Pour aller plus loin
- Toiture-terrasse : composition, étanchéité et prix
- Prix de pose d'une toiture : guide complet
- DTU toiture : normes et réglementation à connaître
- Étanchéité toiture : prix et techniques
- Cheminée de toit
- Différents styles de toiture
Sources et références réglementaires
- NF DTU 20.12 (NF P 10-203-1) : Gros œuvre en maçonnerie des toitures destinées à recevoir un revêtement d'étanchéité (AFNOR/CSTB)
- NF DTU 43.1 (NF P 84-204) : Étanchéité des toitures-terrasses avec éléments porteurs en maçonnerie (CSTB)
- RE 2020 : Réglementation Environnementale, ministère de la Transition écologique
- Article R134-59 du CCH : Prévention des risques de chute (Légifrance)
- Norme NF P01-012 (nov. 2024) : Dimensions des garde-corps et règles de sécurité (AFNOR)
- Cahier des Prescriptions Techniques n° 3741 : Isolation thermique des relevés d'étanchéité sur acrotères (CSTB)
Information importante
Les prix, normes et réglementations mentionnés dans ce guide peuvent avoir évolué depuis sa rédaction. Chaque chantier présente des contraintes spécifiques. Avant tout investissement, faites appel à un professionnel qualifié capable d'analyser votre installation sur site. Si vous constatez une erreur ou une information à actualiser, contactez la rédaction pour correction dans les meilleurs délais.
